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Abidjan, Plateau - lagune Ébrié  
Abidjan, Plateau - lagune Ébrié

Avec CivRoute, fini le stress sur les routes ivoiriennes

L’augmentation du parc automobile ivoirien s’accompagne de la montée en puissance des embouteillages. Grâce à "CivRoute", un projet lancé par des jeunes, la circulation devient cependant moins stressante.

"J’ai été bloqué dans un embouteillage monstre alors que j'accompagnais un ami malade à l'hôpital, je me suis dit que si j'avais eu l'information à temps, j’aurais pu éviter ce bouchon. Heureusement, nous avons pu arriver à temps et mon ami a eu la vie sauve", se souvient Cyriac Gbogou, 32 ans, blogueur et entrepreneur social.

Cyriac est l’un des promoteurs de CivRoute, un projet né de la frustration d’être immobilisé dans les bouchons abidjanais. Lorsque lui vient l’idée de remédier aux embouteillages en sollicitant les TIC [Techonlogies de l’information et de la communication, NDLR] et les médias sociaux, il décide d’y travailler avec ses amis : Israël Yoroba, 30 ans, journaliste et blogueur, Manassé Dehe, 26 ans, développeur d’applications web et Maryana Lym, 20 ans.[related-articles]

Au sein du quatuor qui promeut CivRoute, Maryana Lym — la seule femme — est chargée de faire la mise à jour du contenu. La classification de l’information routière fournie par les contributeurs est l’affaire de Manassé Dehé qui la géo-localise et l’authentifie avant de la mettre à la disposition du public via les réseaux sociaux et l’interface du site web du projet.

Une autre route est possible
"CivRoute repose sur du crowdsourcing (collecte d’informations par le public). Nous amenons la population à contribuer à notre travail. L’esprit du travail collaboratif, c’est la base de ce projet", affirme Cyriac.

C’est des centaines de contributeurs, souvent anonymes, qui, par sms, email, Facebook et Twitter envoient des informations sur le trafic routier vers le serveur de CivRoute. "J’envoie souvent des informations par SMS sur l’état de la route à CivRoute, pour que les usagers de la route en bénéficient gratuitement, vu que moi-même j’utilise gratuitement les mêmes services", explique Christiane Apo, standardiste dans une société de la place.

Paul Kouamé est livreur de pains à domicile. Les informations actualisées sur le trafic routier sont bonnes pour ses affaires. "Les agences d’entretien de la voirie informent rarement les usagers de la route des travaux qu’elles entreprennent, ce qui ralentit considérablement la circulation. Il faut aller sur la plateforme de CivRoute pour s’en apercevoir, et c’est donc très utile, puisqu’on peut s’en servir pour changer son parcours initial et atteindre sa clientèle sans perdre beaucoup de temps", confie Paul.

Même son de cloche pour Souleymane Bakayoko, 31 ans, chauffeur de taxi à Abidjan. "Comme l’information sur l’état de la route est diffusée en temps réel, le stress lié à la notion de perte de temps disparait, et on est plus serein", reconnaît Souleymane qui affirme consulter régulièrement les informations routières avant de se lancer dans la circulation, à la recherche de sa clientèle.

Un produit qui reste à améliorer…
Léandre Sié, 29 ans, comptable d’un espace gastronomique à Abidjan, fait partie des usagers de la route qui ne manquent pas de souligner quelques limites de CivRoute et d’appeler ses promoteurs à l’améliorer.

"Si CivRoute intégrait une application avec une option de guide vocal cela éviterait aux automobilistes de passer le temps à regarder les écrans de leurs téléphones portables ou des tablettes tactiles ; ils se concentreraient ainsi sur la conduite", remarque Léandre.

A CivRoute, jusqu’ici, on travaille avec très peu de moyens mais on rêve grand : intégrer plusieurs options dynamiques au projet et diffuser très bientôt les informations routières sur les stations radiophoniques de la capitale. Mais l’arrivée d’investisseurs sérieux dont les financements aideraient le quatuor à réaliser ses rêves et à aller encore plus loin avec CivRoute sont encore attendus.

Mise à jour à 10:10 le 02/01/2013 : Dans l'esprit collaboratif de CivRoute, les internautes se mobilisent pour faire face au drame de la Saint-Sylvestre en Côte d'Ivoire où plus de 60 personnes sont mortes à la suite d'une bousculade. Une page Facebook, un compte Twitter, une adresse électronique et un numéro de téléphone (+225 05 34 67 13)  ont été mis en place. Sur Twitter, le hashtag #drameplateau est utilisé pour parler de la tragédie. 

Article mis à jour le 02/01/2013 à 10:10

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