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Simon Lokodo est le ministre ougandais de l’Éthique et de l’intégrité  
Simon Lokodo est le ministre ougandais de l’Éthique et de l’intégrité

Simon Lokodo lutte contre la pornographie et l’homosexualité en Ouganda

Emblème du mouvement conservateur, Simon Lokodo, ministre ougandais de l’Éthique et de l’intégrité et fervent partisan du projet de loi anti-gay, s’est donné comme mission de lutter contre la pornographie et l’homosexualité. Pour lui, son intention n'est pas de porter atteinte aux droits des Ougandais.

Simon Lokodo, 57 ans, est un homme intelligent : il a étudié en Ouganda, en Italie, en France et en Autriche, il parle couramment au moins six langues. C'est aussi un homme qui aime la controverse. Il a fait la une des journaux en accordant une interview à l'écrivain britannique, acteur et présentateur de télévision Stephen Fry sur "The right type of rape" (le "bon" type de viol). 

"La liberté de faire les mauvaises choses" 
La pornographie et l'homosexualité sont illégales dans une grande partie de l'Afrique. Cependant, l'Ouganda a cru nécessaire de présenter une nouvelle législation anti-gay en février dernier. La loi anti-homosexualité renforce les peines existantes pour les gays pris en flagrant délit et prescrit des peines de prison à vie pour "homosexualité aggravée" y compris le sexe avec un mineur ou si l'un des partenaires est séropositif.

Pourquoi une nouvelle législation était-elle nécessaire ? Les Ougandais seraient-ils vraiment beaucoup plus dépravés que leurs voisins ? "C'est à cause de notre constitution, qui donne aux gens la liberté. La liberté d'expression, liberté de comportement", dit Simon Lokodo. "Toute cette liberté, malheureusement, s'est accélérée. Elle donne aux gens la liberté de faire les mauvaises choses. Et c'est alors que nous disons : stop !"

De la soutane à la politique
Le ministre a fait son devoir en disant non à l'homosexualité. Il est entré en politique nationale en 2006 après avoir abandonné sa soutane de prêtre, ce qui lui valut d’être excommunié. Après avoir servi comme député et ministre de l'Industrie et de la technologie, il est nommé à son poste actuel lors du remaniement ministériel de 2011. Fervent partisan du projet de loi anti-gay et créateur du projet de loi anti-pornographie, Simon Lokodo s'est transformé en un politicien de grand acabit.

Bien qu'il reconnaisse ne pas avoir à sa disposition de chiffres précis, Simon Lokodo est convaincu de l’expansion de la pornographie et de l'homosexualité. Quand on lui demande pourquoi, il n'hésite pas une seule seconde : "Parce que les blancs ont apporté cette culture. Les gens se sont dit : "s'ils peuvent faire cela, pourquoi pas moi ?" C'est surtout répandu dans les zones urbaines. Dans les zones rurales nous n'en parlons même pas, parce qu'ils vont vous prendre pour celui qui n'est pas normal."

"Si vous voulez danser nu, pourquoi ne le faites-vous pas à la maison ?"
Le projet de loi de Simon Lokodo de lutte contre la pornographie est vaste, interdisant toute manifestation qui pourrait être considérée comme indécente. Bien qu'on ne sache pas encore comment s'appliquera la loi, elle pourrait avoir de graves répercussions sur la vie personnelle des gens. Le ministre répète qu'il n'est pas dans son intention de porter atteinte aux droits des Ougandais. Ces droits, cependant, doivent s'appliquer uniquement dans l'intimité du foyer de chacun.

"Si vous voulez danser nu, pourquoi ne le faites-vous pas à la maison ? Vous serez plus à l'aise. Pourquoi le faire voir à tout le monde ?" demande le ministre. "Il en va de même pour les homosexuels habitant en Ouganda. J'ai mes réserves quant à savoir si quelqu'un mérite d'aller en prison pour homosexualité. Mais pas pour ceux qui proclament un mauvais évangile. Ces personnes sont malheureuses. Écoutez, c'est déjà une mauvaise chose d'être un homosexuel. Qu'elles restent chez elles."

Mais la limite entre le public et le privé a tendance à s'estomper. La loi anti-pornographie, par exemple, condamne l'affichage de matériel "'indésirable" sur le web. "Bloquer et vérifier !" dit Simon Lokodo. "Nous aurons un centre de contrôle qui va vérifier chaque site web. Si les Chinois peuvent le faire, nous pouvons le faire aussi."

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