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Atteindre l’équilibre des genres dans les sources d’information  
Atteindre l’équilibre des genres dans les sources d’information

Les médias congolais rendent les femmes invisibles

Avec seulement 8 % de femmes dans les directions des services de presse en République démocratique du Congo, difficile de traiter les informations de manière équilibrée.

C'est tout du moins la position de l’Union congolaise des femmes des médias (UCOFEM), qui s'appuie sur ses propres chiffres. "Les médias peuvent contribuer à renforcer des inégalités, en diffusant des stéréotypes sexistes, comme ils peuvent aider à les éradiquer en promouvant des modèles féminins multidimensionnels moins anarchiques et plus en accord avec la réalité des femmes du XXIème siècle", affirme Evelyne Luyelo, coordonnatrice de l'UCOFEM.

Stéréotypes sexistes
L’organisation a rendu public fin septembre 2013 simultanément à Kinshasa et à Goma un rapport fouillé et riche en informations intitulé "L’image de la femme dans les médias en RDC". Le but du document est de contribuer à l’éradication des stéréotypes sexistes, afin de promouvoir des rapports entre les sexes basés sur l’égalité et le respect mutuel. L'UCOFEM souhaite rétablir l’équilibre des genres dans les sources de références et d’informations, faire valoriser le talent des femmes, et enfin, elle souhaite qu'une perspective de genre soit adoptée dans les milieux médiatiques congolais.

Engagée dans la promotion du genre dans et par les médias, l’UCOFEM veut voir les femmes et les hommes participer de façon équitable à la gestion de la vie publique et privée. Pour l’efficacité de son action, elle a remis à de nombreuses organisations médiatiques, en plus du rapport en entier, un guide pour illustrer les actions correctes (à faire) et incorrectes (à éviter) dans le traitement de l’information du point de vue de l’égalité des genres.

"Pas assez d’efforts pour imposer leurs compétences"
Tout en saluant l’initiative très encourageante et inédite de l’UCOFEM, Justin Luba, un responsable d’une radio communautaire de Goma, trouve que "les femmes journalistes ne fournissent pas assez d’efforts pour imposer leurs compétences dans les réunions de rédaction ; en plus elles songent rarement à proposer des sujets sur les thèmes qui les concernent directement."

Il reconnaît toutefois la part de responsabilité de la gente masculine : "Nous aimons le plus souvent la facilité. Dans la quête de sources, de références, et le traitement des informations très chaudes, nous recourons à nos carnets d’adresses constitués dans la plupart des cas d'hommes — et ce pour tous les sujets — comme s’ils étaient multitâches. Ce rapport arrive donc à point nommé et nous interpelle", conclut-il.

Les femmes, seulement pour les bad news
À en croire le rapport de l’UCOFEM, les récurrences de représentations inégales dans les médias sont légion. Un extrait décrit clairement les faits : "Les femmes sont rarement interpellées en tant que sources expertes ou en tant que célébrités. Et bien que sous-représentées dans la plupart des rôles importants, les femmes reçoivent l’attention médiatique plus souvent que les hommes en tant que victimes de violence, donc les bad news."

Une particularité renforce cette thèse d’inégalité des sexes : "Ce sont les hommes qui parlent sur la violence de genre. Les femmes ne parlent presque pas ou très peu sur des pratiques qui mettent leurs vies en danger comme le "fémicide", le viol, le harcèlement sexuel ou la violence domestique. Les médias contribuent à renforcer les rôles traditionnels des genres, et n’aident donc à progresser vers l’égalité entre les genres."

Même si, depuis peu, la presse a vu s’accroître le nombre de femmes journalistes, cela ne garantit pas pour autant un plus grand nombre de sources féminines. Les auteures du rapport sur l’image de la femme en RDC concluent : "Un grand nombre de femmes ne donnent pas plus de sources féminines. Avoir une masse critique de femmes dans les entreprises de presse ne veut pas dire que les femmes auront plus de voix dans les medias. L’égalité des genres n’est pas une priorité en RDC."

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