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Josué et ses amis de l'APCI se réunissent  
Josué et ses amis de l'APCI se réunissent

Handicapés de Côte d'Ivoire, unissez-vous !

Face à une société ivoirienne indifférente au sort des handicapés, Josué Loukou Kouamé se bat pour leur intégration et la reconnaissance de leurs droits.

Atteint de polio dans son enfance, Josué Kouamé a déjà passé plus de vingt ans dans un fauteuil roulant. Aujourd’hui, ce trentenaire, titulaire d’une maîtrise de criminologie attend depuis bientôt quatre ans un hypothétique emploi.

Josué déplore le sort de ses pairs qui, même après avoir été à l’école et obtenu des diplômes, ne pourront jamais réaliser leurs rêves. "La plupart des employeurs réduisent les personnes handicapées à leur infirmité. Nous sommes disqualifiés d’avance pour des postes à pourvoir, dans un monde où l’emploi se fait de plus en plus rare, même avec nos qualifications prouvées", affirme Josué.

"Le handicap n’est pas socialement intégré"
Pour les handicapés moteurs, même pour ceux d’entre eux qui possèdent un fauteuil roulant, se déplacer dans les édifices publics relève parfois d’un effort herculéen. Pas de pistes dégagées praticables ni de rampes dans les ascenseurs. Les véhicules de transport en commun adaptés aux handicapés moteur sont quasi inexistants.

"Le handicap n’est pas socialement intégré", explique Josué. Les architectes proposent des "plans de construction qui ne prennent pas en compte les besoins des personnes handicapés moteurs. Du palais présidentiel à la primature en passant par l’Assemblée nationale et les amphis de l’université Félix-Houphouët Boigny, c’est la même galère."

"Nous vivons en marge de tout"
Josué décide de réfléchir sur la condition des handicapés en fauteuil roulant. Point de départ, son mémoire de maîtrise dont le thème est "la problématique de l’insertion professionnelle des diplômés en fauteuil roulant de l’Université de Cocody Abidjan". Une ONG naît de cette réflexion en août 2010 : l’APCI, l’Association des paralysés de Côte d’Ivoire.

"L’intérêt du politique d’intégrer la question du handicap aux politiques et programmes nationaux s’est arrêté avec les différentes crises que le pays a connues", affirme Josué pour qui l’APCI est un moyen de pression pour "inciter le gouvernement à mettre en place des législations applicables aux personnes handicapées, mettre en place une réglementation spécifique applicable en matière d’emploi et d’accès aux infrastructures."

La possibilité d'Internet
L’APCI utilise le web et les médias sociaux pour se battre en faveur de l’intégration des handicapés. Internet s’est révélé être un outil indispensable de communication pour les personnes limitées dans leur mobilité.

"Internet, c’est un espace démocratique et de libre expression, je m’adresse à tout le monde sans considération ni protocole", explique Josué qui a lancé via la toile sa toute première grande mobilisation des handicapés en fauteuils roulants, en vue d’une protestation à l’échelle nationale. "Les autorités nous ont ouvert les portes suite à cet appel aux revendications", raconte Josué. Une première victoire de l’APCI qu’il inscrit au compte des médias sociaux. 

À l’APCI, on est décidé à ne pas s’endormir sur ses lauriers. Le 14 août prochain aura lieu le prochain rassemblement dénommé "Tous pareils" ; un appel à une grande mobilisation en vue de la promotion des droits des personnes handicapées. "Nous demeurons mobilisés à agir pour que les lois garantissent notre intégration", explique Josué.

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