Vous êtes ici

Gouvernance
On ne se voit plus dans les rues à cause de la poussière  
On ne se voit plus dans les rues à cause de la poussière

Goma, toujours et encore une ville poussière

Depuis trop longtemps Goma est une ville poussière. Étudiants, motards, simples habitants, tous se plaignent. Voici l'histoire de Jonathan.

Jonathan est étudiant à l'ISDR une institution universitaire de la ville de Goma. Venu d’une famille modeste, pour aller en cours, il utilise souvent ses pieds. Son trajet ? Du rond-point 3 paillotes à l’Instigo, sur l’axe Goma – Sake. Il a préparé ses cours, mais une chose l’inquiète : la poussière sur sa route. "Je suis déjà prêt, dit-il. Mais je ne sais pas quelle route prendre."

Avant les dernières élections, le pouvoir en place a démoli les routes, promettant une réhabilitation. Certains travaux allant dans ce sens ont démarré, même si, à la vue de la quantité de travail nécessaire, ces efforts ne sont que… poussière. Cette situation révolte le jeune Jonathan : "Avec nos vieilles routes, nous ne connaissions pas cette poussière. Après les avoir détruites, les autorités n’ont construit qu’un semblant de route sur un petit tronçon en ville. Et nous ? Pourquoi nous ont-ils sacrifiés ?"

Trahison chez les jeunes
Le sentiment de Jonathan est partagé par un bon nombre d’habitants à Goma. Plusieurs fois, des étudiants ont protesté pour réclamer l’asphaltage de ces routes par le gouvernement provincial. Après des rencontres avec les autorités, les représentants des étudiants ont calmé leurs camarades. Déçu, le jeune Jonathan les accuse de trahison. "Bien que la cause soit juste, je ne participerais plus dans ce genre de manifestation, raconte-t-il. Ils partent au gouvernorat de province et se laissent corrompre, prétextant les frais de transport. Le lendemain, la poussière est toujours là !"

Comme solution palliative, le gouvernement provincial a mobilisé des véhicules pour arroser la route pendant la journée. Cette mesure atténue la poussière mais se bute à un problème géologique : la ville de Goma étant située sur un sol volcanique, la chaleur du magma combiné au soleil accélère l’évaporation de l’eau.

Ceci n’empêche pas cependant pas Jonathan et ses camarades de trouver une alternative. "Nous n’avons pas le choix, dit-il. Nous devons quitter la maison avant l’heure et emprunter des chemins des quartiers." Toutefois, cette alternative n’est pas sans inconvénient : "Le reste de lave présent dans ces quartiers use nos chaussures. Je dois acheter une nouvelle paire chaque mois !"

"Il y a des millions de dollars mis à leur disposition"
La chute de Goma aux mains du M23, en novembre dernier, a sensiblement baissé la confiance des jeunes envers les autorités. Une fois réinstallé, le gouverneur de province a mis pression sur l’entreprise Traminco pour asphalter le reste de la route.

Une action de charme pour tenter de regagner la confiance des jeunes. Les travaux évoluent à pas de tortue. Jonathan se dit inquiet : "Depuis plus d’un mois, ils n’ont pas réussit à asphalter même un seul mètre ?  J’ai appris qu’il y a des millions de dollars mis à leur disposition. Qu’en font-ils ? Pensent-ils que nous sommes contents d’inhaler cette poussière quotidiennement ?"

"Pas de rose sans épine", c’est la réponse de l’entreprise Traminco, qui appelle les Gomatraciens à la patience.

-----
La poussière à Goma est un vieux problème. Déjà, en 2011, des motards manifestaient.

 

Article mise à jour à 10:50, concernant les études de Jonathan.

Ajouter un commentaire

Pour une plus grande compréhension, l’usage du français est la règle. Nous accueillons tous types de discussions, mais, attention, nous n’acceptons pas les propos racistes, sexistes, diffamatoires, injurieux ainsi que les commentaires publicitaires. Les commentaires de ce type seront supprimés.

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
Saisissez les caractères contenus dans l'image ci-dessus. (vérifier en utilisant un son)
Entrez le texte que vous voyez dans l'image ci-dessus. Si vous ne pouvez pas le lire, soumettez le formulaire et une nouvelle image sera générée. Insensible à la casse.