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Gouvernance
Un des acteurs de la pièce La Cour pénale internationale  
Un des acteurs de la pièce La Cour pénale internationale

Au théâtre de la justice internationale

Analyser la guerre et la justice. Voilà ce que font Monika Gintersdorfer et Knut Klaßen, créateurs de la pièce de théâtre La Cour pénale internationale.

- Vous avez un problème avec la Cour pénale internationale ?

Monika Gintersdorfer : Il est vrai que certains membres de notre groupe n’ont absolument pas voulu visiter la CPI, car leur ancien président y est incarcéré. Mais nous avons suivi les événements autour de l’ex-président Gbagbo. On peut suivre son procès par vidéo sur internet.

Nous avons visité la CPI pendant les séances du procès contre le congolais Jean-Pierre Bemba, accusé de crimes en Centrafrique. Alors je me suis vraiment intéressée à la justice internationale, pas comme une fan, mais comme quelqu’un qui veut voir comment cette jeune institution - qui se trouve très loin des lieux des crimes - fonctionne.

Le travail de la procureure et de la défense, la façon dont ils écoutent, dont ils parlent et posent des questions, c’est un travail très intellectuel. Ce travail doit être formulé de manière compréhensible pour tout le monde. Souvent les accusés ne veulent pas seulement se défendre, mais aussi donner leur vision de l’histoire.
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- Êtes-vous fascinée par la guerre ?

MG : Je ne dirais pas fascinée. J’ai visité la Côte d’Ivoire en 2002, et la rébellion a éclaté quelques semaines plus tard. J’ai essayé de comprendre cette situation imprévue en parlant à des amis ivoiriens.

Je n’ai pas tout de suite pu transformer les discussions en une création artistique. Nous avons joué notre première pièce sur la politique ivoirienne en 2005, à Berlin. En 2009 et 2010, nous avons joué à Abidjan lors de deux festivals. Aujourd’hui, nous continuons à faire des pièces sur les sujets importants de la société : la politique, la religion et le showbiz.

- Vos acteurs ridiculisent les conflits. Dans quel but ?

MG : Je ne pense pas que nous ridiculisons les choses. Nous sommes très sérieux. C‘est par l’humour que nous analysons la guerre et la justice internationale.

Nous n’allons pas résoudre les problèmes politiques, mais l’idée de pouvoir en parler librement, d’en rire, peut-être que ça peut aider à se libérer l’esprit. En fin de compte, ce sont les personnes responsables qui doivent changer la situation, pas le théâtre.

Voici une expérience théâtrale très intéressante et un sujet très difficile. C’est très drôle, surtout parce que mes acteurs ont une grande liberté d’expression.
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- Vous préparez une nouvelle pièce de théâtre. Laquelle ?

MG : Nous continuons à suivre l'actualité. Cette fois il s’agit d’une collaboration entre des Ivoiriens, des Rwandais, des Congolais, un Allemand et un Néerlandais. Les acteurs traitent de la façon dont leurs pays sont gouvernés aujourd’hui, et des liens culturels et politiques entre leurs pays. La pièce s’appelle La nouvelle pensée noire, et sera d’abord produite à Munich en Allemagne. Après, notre équipe se produira à Kigali, à Kinshasa, et à Bruxelles.

Je demande aux acteurs : où sont vos limites ? Qu’est-ce vous pouvez dire et qu’est-ce que vous ne pouvez pas dire ? Nous avons toujours cette discussion, car ils doivent aussi réaliser les conséquences de leurs actes.

Quelques dates : La nouvelle pensée noire – SpielArt Festival München, 15, 16, 17 novembre 2013, Kigali janvier 2014, Berlin HAU 15 et 16 mai 2014, Düsseldorf FFT 17 et 18 mai 2014, Hambourg Kampnagel 21, 22 et 23 mai 2014, Münster Pumpnehaus 24 mai 2014, Kinshasa, RDC, juillet 2014 Festival Connexion Kin. 

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Cette vidéo a été réalisée dans le cadre de notre projet Regards sur Gbagbo.

Le site : www.regardssurgbagbo.net
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Twitter : @RNWAfrique et #RSGbgabo

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