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Neuropsychiatric Centre of Kamenge  
Neuropsychiatric Centre of Kamenge

Au Burundi, la neuropsychiatrie croule sous les dettes

Même si la majorité des patients ne peuvent pas payer leur traitement, le Centre neuropsychiatrique de Kamenge (CNPK), principal lieu d'accueil des malades mentaux au Burundi, tente de fonctionner du mieux qu'il peut.

Il y a trois mois, Emmanuela Barangenza a fait hospitaliser son frère Sylvestre au Centre neuropsychiatrique de Kamenge (CNPK), au nord de la capitale, Bujumbura. Mais, rapidement, "l’argent nous a fait défaut, déplore-t-elle, raison pour laquelle nous avons décidé de rentrer." Emmanuela et Sylvestre devront encore rembourser au centre une dette de 240 000 francs burundais.

Un autre jeune de 18 ans traité dans le centre, Edouard, est convalescent et prêt à rentrer chez lui après six mois d’hospitalisation. Mais une facture de 1,5 million de francs burundais l’attend à la sortie. "Je ne pourrai pas payer cette somme", dit-il sans montrer son angoisse. Son oncle Oscar avait payé sa caution de 60 000 francs burundais exigée pour son admission au centre, mais il n’a plus aucune nouvelle de lui depuis.

Même le ministère traîne dans ses paiements
Comme Sylvestre et Edouard, ils sont actuellement une bonne quarantaine à quitter le centre neuropsychiatrique après des mois de traitement en laissant des impayés. Au total, on estime que seuls 10 % des patients sont en mesure de payer leur traitement.

Le centre fonctionne donc à perte. Hyppolite Manirakiza, directeur général du CNPK, révèle que le budget annuel du centre est actuellement d’un milliard de francs burundais. Mais "plus de la moitié de cette somme se trouve dans les dettes."

La subvention annuelle du gouvernement budgétisée pour le centre semble insignifiante : 173 millions de francs burundais (autour de 100 000 dollars américains), une somme qui ne couvre même pas les salaires du personnel.

Malheureusement, même le ministère burundais de la Santé publique et de la lutte contre le sida traîne dans ses paiements : une dette de 629 millions est encore enregistrée pour les années 2011 et 2012. Cette année, le centre a pu bénéficier d’une subvention plus importante de 200 millions, mais de cette somme, il n'en restait que 15 millions au mois d’août.

Accueillir tous les malades mentaux du pays
Hyppolite Manirakiza regrette qu’il ne soit pas capable d’accueillir tous les malades mentaux du pays. Le centre dispose de 141 lits d’hospitalisation à Kamenge et de 20 lits dans son extension située à Gitega, au centre du pays. Le manque criant de moyens financiers rend impossible l’achat de nouveau matériel, la réparation du matériel existant, l’entretien convenable des locaux, le paiement du personnel, l’achat de médicaments et de nourriture pour les patients.

Depuis sa création en 1981, le centre ne ménage pas ses efforts pour fonctionner le mieux possible avec les moyens disponibles. Il réalise surtout l’importance de travailler avec les malades mentaux, un groupe de patients particuliers. "Si le centre se retirait dans l’état actuel des choses, soutient Hyppolite Manirakiza, tous les malades mentaux débarqueraient dans la rue, avec toutes les casses qu’ils peuvent occasionner."

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