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Rapatriés : réapprendre le kirundi et le français

Depuis 2008, la plupart des réfugies burundais des camps de 1972 se trouvant en Tanzanie ont regagné leur patrie. Parmi eux, de jeunes élèves. Anglophones et swahiliphones, ils ont du mal à s’adapter à l’enseignement essentiellement dispensé en français et en kirundi.

Par Diane Uwimana, pour notre top partenaire Iwacu, publié le 6 décembre 2012

La plupart des jeunes rapatriés venus des vieux camps de réfugiés établis en 1972 vivent aujourd’hui dans les provinces du sud du pays comme Makamba, Bururi et Rutana. Honest Kabura, 18 ans, est de Buruhukiro dans la province Bururi. Il raconte son histoire : "J’ai regagné ma patrie en 2008 et j’étais en 7ème année de l’école secondaire. Arrivé au Burundi, c’était connu, on devait reculer de deux ans pour pouvoir continuer les études. La mort dans l’âme, j’ai accepté de m’assoir avec les petits écoliers de la 4ème année primaire. C’était pour moi une humiliation", s’indigne ce jeune rapatrié.

Il poursuit son récit : "Je ne comprenais rien de ce que la maîtresse d’école disait. J’encaissais toujours des zéros lors des interrogations. J’ai passé seulement un mois sur le banc de l’école. Je ne pouvais pas continuer, la meilleure solution, c’était d’abandonner l’école et c’est ce que j’ai fait finalement." Kabura affirme avoir pris cette décision parce qu’il ne parvenait pas à suivre les leçons données en français et en kirundi. "J’avais commencé l’école en anglais et en kiswahili. Je n’ai entendu le français et le kirundi, que quand je suis rentré d’exil, de plus j’ai rien dit à l’école, je croyais que cela ne valait pas la peine", souligne notre jeune rapatrié avec amertume.

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