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Pays-Bas : le suicide mode d'emploi sur Internet ?

Vous n’avez plus de perspectives d'avenir, vous êtes fatigué de la vie, suicidaire ? Quiconque veut garder le contrôle sur sa vie et sa mort, peut trouver une information complète sur le suicide sur Internet. L’Association néerlandaise pour une fin de vie volontaire (NVVE) vient de publier cette information sur son site.

Selon Walburg de Jong de la NVVE, le site est fait pour "informer les gens sur la façon de se retirer de la vie d’une manière humaine, sans pour autant utiliser des méthodes radicales comme sauter du train ou se jeter du haut d’un immeuble, ou d’autres manières du même acabit. "

Est-ce que cela n’incite pas les gens à se suicider ? Non, selon De Jong : "Tout d’abord, l’information est accessible uniquement pour les membres, il leur faut remplir un code d’accès. "

L’inscription coûte 17,50 € par an, et vous pouvez ensuite avoir accès au site.

Au moment du lancement du site, il s’est avéré possible d’entrer sur la rubrique "Suicide avec précaution". Selon l’association, un faute humaine est à l’origine de cette erreur. Depuis lors, le site est bloqué pour les non-membres.

Guide pas-à-pas

Sur le site, la NVVE donne des informations détaillées sur les médicaments qui peuvent être utilisés pour les candidats au suicide. Il est mentionné dans quels pays ces médicaments sont disponibles, et sous quel nom commercial. Les méthodes suicidaires sont expliquées en détail. L’introduction fait part de deux méthodes existant pour mettre fin à sa vie :

La première consiste en la prise tranquillisants à effet rapide et à effet lent, combinés avec l’utilisation d’un sac en plastique que vous mettez sur la tête, de façon à mourir par manque d’oxygène.

La deuxième méthode consiste en la prise de médicaments mortels, pris avec des tranquillisants et des anti-vomitifs. La mort survient par arrêt cardiaque ou respiratoire.

L’information qui est donnée sur le site ne concerne que la deuxième méthode et est basée sur des données que nous considérons comme crédibles.

Souffrance psychique

Au Pays-Bas, on compte environ 1.500 cas de suicides par an, parmi lesquels une majorité de personnes de plus de 60 ans. Walburg de Jong : "Ce sont des gens qui disent: ‘j’en ai fini avec ma vie mais je ne peux pas bénéficier de l’euthanasie car je n’ai pas de maladie répertoriée prise en compte dans la loi sur l’euthanasie.’ Ou des gens qui sont malades mais dont le médecin ne veut pas collaborer à l’euthanasie."

Aux Pays-Bas, l’euthanasie – la fin de vie dans laquelle le médecin joue un rôle actif – et l’aide au suicide relèvent du droit judiciaire, mais ne sont pas punissables si le médecin s’en tient à des règles bien strictes.
Ainsi, le médecin doit être convaincu du fait que le patient soit volontaire et qu’il ait fait une requête bien réfléchie de demande de fin de vie. Il doit être question d’une souffrance insupportable et sans issue. Mais les médecins considèrent souvent la souffrance physique comme unique type de souffrance, et la NVVE considère la souffrance psychique également comme raison acceptable pour l’euthanasie ou le suicide.

Aide au suicide

Truus Hoyinck, membre de la NVVE depuis 1991, trouve normal que l’association joue une rôle dans l’aide au suicide. "Je suis pour le droit d’autodétermination. Entre-temps, j’ai commandé ce livre écossais sur le suicide. Je trouvais que c’était une histoire terrible car vous devez mettre un sac plastique sur votre tête et attendre l’étouffement. Donc, il me semble intéressant de savoir qu’il existe d’autres solutions. "

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Le trajet conduisant au suicide peut connaître une autre issue. Sous l’intitulé "Après-soin", le site Internet sur le suicide indique qu’en cas d’ "échec du suicide", le service de soutien aux membres de la NVVE est "toujours prêt à convier la personne à un entretien. "

L’adhésion à la NVVE est accessible aux Néerlandais mais aussi aux étrangers. L’association donne une information succincte en anglais, mais fait savoir – en raison de la demande importante provenant de l’étranger – qu’elle ne peut ni prescrire de médicaments ni indiquer de médecin pratiquant l’euthanasie.