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Offensive du M23 : au-delà des questions militaires

Le Kivu répond une fois de plus à son qualificatif de région tourmentée. Depuis le week-end dernier, les armes tonnent à nouveau dans la partie nord de cette région frontalière avec le Rwanda. Dans ce contexte, les questions à se poser ne sont pas uniquement d'ordres militaires.

Par notre top partenaire, Le Congolais, publié le 19 novembre 2012

Les affrontements opposent les Forces armées de la RD Congo (FARDC), appuyées en moyens aériens par la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RD Congo (MONUSCO), à la rébellion du M23 constituée d’anciens soldats intégrés à l’armée régulière en 2009. Les rebelles sont même en position de force. Hier, au moment où ces lignes étaient rédigées dans l’après-midi, ils étaient en train de livrer combat aux FARDC dans les faubourgs de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu. Les informations faisaient état d’une population terrée chez elle, apeurée, et de militaires et autorités fuyant la ville. Peut-être que la situation a changé, dans un sens ou dans l’autre, au moment où vous lisez ces lignes.

L’offensive du M23 qui, pour le moment, a submergé la MONUSCO et ses hélicoptères ainsi que l’armée congolaise, a suscité un Conseil des ministres extraordinaire à Kinshasa et une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU à New York. Preuve que l’heure est grave. Comme toujours, le pouvoir de Kinshasa a accusé le Rwanda d’être derrière cette rébellion qu’il finance, arme et entraîne. Un soutien qui a rendu le M23 si fort au point de mettre en déroute l’armée loyaliste et contraindre la MONUSCO à mettre son personnel en lieu sûr. Les autorités congolaises ne sont pas loin de penser que le Rwanda leur a déclaré une guerre par le biais de cette rébellion. Mais au lieu de contrer l’action militaire, Kinshasa semble avoir concentré ses efforts sur les accusations contre le Rwanda.

Pendant ce temps, la rébellion qui ne rencontre aucune résistance digne de ce nom sur le terrain, décide des attaques à mener, des localités et des villes à prendre ou pas. Hier acculée, la voilà aujourd’hui en position de force et qui dicte sa loi sur le terrain. Qui l’eût cru ? L’histoire semble se répéter dans cette région d’où, en 1997, est partie la rébellion d’un certain Laurent Désiré Kabila pour aller chasser Mobutu du pouvoir. A l’époque, son action avait été vue salvatrice. Aujourd’hui, et sans exagérer, bien des gens éprouvent également ce sentiment. C’est ne pas voir au-delà du bout de sa lorgnette que d’expliquer la débâcle des forces loyalistes face aux rebelles en se tablant uniquement sur le plan militaire.

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