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Les bouchons relient Le Caire aux villes satellites

Je m’attendais à une mégapole animée, chaotique, mais lorsque je suis arrivé au Caire, la ville était déserte. Presque tout le monde avait quitté la ville pour célébrer l’Aïd el-Adha, la fête du Sacrifice. Normalement, la capitale de l’Égypte et du monde arabe est très, très bruyante et encombrée.

Eric Beauchemin (à Hilversum)

Plus de 17 millions de personnes vivent dans le Grand Caire. Pour réduire l’encombrement, les autorités égyptiennes ont décidé au début des années 1980 de construire des villes-satellites le long du périphérique autour du Caire. La plupart des habitants, et particulièrement les riches, ont préféré déménager vers les villes-satellites à la recherche de paix et de tranquillité.

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Les autres, comme Youssef Affifi, un ouvrier de 29 ans, n’avait pas d’autre choix : ‘J’habite ici depuis le tremblement de terre de 1992. Je suis venu ici car ma maison était inhabitable. Nous ne pouvions pas y rester, alors nous avons déménagé. Mais je ne suis pas satisfait ici. Je préfèrerais habiter au Caire. C’est plus près de mon travail. Je mets chaque jour 45 minutes aller et retour. Parfois il y a beaucoup de circulation et c’est le seul problème’.

Mission inconnue
De nombreux habitants des villes-satellites doivent faire la navette entre leur lieu de résidence et leur lieu de travail au Caire et mettent même plus de temps que Youssef. Les environnementalistes affirment que la pollution de l’air a augmenté considérablement. ‘C’est juste un des inconvénients des villes-satellites’, disent-ils critiques.

Le grand architecte égyptien Abdelhalim Ibrahim Abdelhalim pense que les villes sont nécessaires mais que les autorités n’ont pas beaucoup réfléchi aux différents objectifs :

"Jusqu’à maintenant, la mission des ces villes-satellites n’est pas tout à fait claire. Sont-elles des cités-dortoirs où les gens viennent juste pour dormir et repartent vers les métropoles comme Le Caire, Alexandrie et autres, pour travailler ? Sont-elles des villes universitaires ou de vraies villes ? Sont-elles annexées ou sont-elles des villes indépendantes ? Beaucoup de ces questions fondamentales n’ont pas été résolues avant la construction de la première génération des villes-satellites.''

Une seule grande ville
En attendant, le Caire et les villes-satellites continuent de grandir. Lorsque je roulais entre Le Caire et la ville-satellite du Nouveau Caire, je ne pouvais pas voir où finissait la première et où commençait l’autre. Ce n’était que kilomètre après kilomètre de vilains immeubles bruns de 4 à 5 étages.

Mais Hassan Said Hassan, âgé de 26 ans, trouve que la vie au Nouveau Caire est plus agréable que dans la capitale :

''Je me plais ici car il y a de la verdure. Lorsque je me réveille le matin, l’air est pur. Si je me marie bientôt, mes enfants auront de bonnes écoles. Les équipements sont bons. Il y a un supermarché tout près. Les voisins ont de bons emplois. Ils sont médecins et officiers dans l’armée ou la police. La ville s’agrandit et l’emploi augmente. Je travaille chez Zara et une filiale va bientôt s’ouvrir ici. J’habiterai alors à 5 minutes de mon travail.''

Pas un exemple
Si le Nouveau Caire est peut-être un paradis pour Hassan, de nombreux experts affirment que les villes-satellites du Caire ne sont pas un exemple pour les autres mégapoles du monde. Ce qu’il faut pour résoudre les problèmes de la capitale égyptienne, c’est que les résidents des communautés indépendantes aient voix au chapitre dans leur développement. Quand mon chauffeur de taxi m’a ramené à l’aéroport, il a poussé un soupir, en disant : ''Si seulement l’Aïd el-Adha pouvait durer plus longtemps. C’est tellement agréable de ne pas être bloqué dans les embouteillages''.