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L'Afrique en stop - 6ème volet : l'expérience du khat

Hunter S. Thompson a laissé au monde une leçon essentielle. Si tu veux savoir vraiment de quoi tu parles, tu dois l’essayer toi-même. Aujourd’hui, le Khat.

Par Sierd van der Bij

"Qu’est-ce que vous faites ?", demandais-je aux garçons assis sur le trottoir. "Je regarde, les gens. Ils vont et viennent", dit l’un d’entre eux. La réponse était aussi simple que ça. Une situation semblable à moi-même lorsque je déguste une bière un jour ensoleillé aux Pays-Bas.

Mais ces garçons ont les dents vertes, vertes comme l’herbe, vertes comme le Khat. Aux Pays-Bas, le khat est désormais considéré comme une drogue illégale. Ici, mâcher du Khat est plus commun que fumer une cigarette. Ses feuilles vous rendent paresseux — ou, au contraire, elles vous aident dans le travail en cours.

Le travail. C’est pourquoi Hatamu en mâchait tant. "Tu vas bien ?" était sa phrase favorite, il la répétait tout au long de notre voyage au cœur des montagnes vertes éthiopiennes. Après un petit déjeuner, il me lança : "Maintenant, c’est l’heure de mâcher du Khat. Veux-tu essayer ?"

Madame tentation ne m’a pas laissé d’autre choix. Même si le moteur Volvo de Hatamu ne dépassait pas les 25 km/h, moi, j’atteignais les 5 feuilles/min. Pour éviter leur goût un peu amer, il fallait rajouter du sucre. Nous écoutions du reggae éthiopien et je répondais par l’affirmative à ses "Tu vas bien ?"

Pour un moment, j’oubliais le travail des enfants, l’état déplorable de l’agriculture, le manque d’éducation et la pauvreté. Et je sifflais Three little birds de Bob Marley.

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