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L'Afrique en stop - 4e volet : désert touristique en Egypte

En Egypte, chaque touriste digne de ce nom se doit d’aller à Louxor. Si vous laissez de côté les temples de Louxor, Karnac ou Deir-el-Bahari, allez au moins voir la célèbre et époustouflante Vallée des Rois.

Par Sierd van der Bij, Louxor

Mido Noubi a 24 ans et possède six petites boutiques de souvenirs dans le marché de la vieille ville, le fameux souk de Louxor. Il nous fait remarquer les rues désertes. "Comme vous pouvez le constater, les affaires ne vont pas très bien. J’espère, Inchallah, que les choses vont changer."

Le Printemps arabe n’a pas profité au secteur du tourisme égyptien. "Avant la révolution, j’avais 150 clients les mauvais jours, maintenant je compte 3 clients les bons jours," nous dit Mido, tout en gardant son calme. "Les gens ont peur, car les médias publient une image fausse de l’Egypte. Il n’y a pas de problème ici et les Egyptiens sont des gens très sympathiques."

Mido vend des shisas, ces écharpes provenant de plusieurs fabriques, ainsi que des pyramides et pharaons miniatures. La boutique, où je suis invité par Mido à boire le thé, est ouverte depuis juin 2010. Moment inopportun, si l’on pense que la révolution égyptienne avait débuté cinq mois auparavant.

Quoi qu’il en soit, les propriétaires des boutiques du souk sont solidaires.
"Les musulmans et les coptes s’assoient ensemble pour boire le thé et pour trouver une solution," explique Mido. "Mais là encore, que faire quand les grandes agences de tourisme de Charm el-Cheikh créent leurs propres supermarchés de souvenirs ? A l’inverse de ces agences, nous pratiquons toujours des prix bas. Ces "supershops" travaillent à la commission."

Au moment où Mido me sert une autre tasse de thé, un jeune couple égyptien entre. Ils jettent un œil dans la boutique et s’en vont sans dire un mot. La plupart des vendeurs du souk essaient d’attirer les étrangers en s’adressant à eux dans toutes les langues possibles. L’expérience a appris à Mido qu’il est préférable de laisser les clients tranquilles. "Les gens n’aiment pas être harcelés. J’ai appris cela peu de temps après l’ouverture de mon premier magasin en 2001, avec mes cousins, " dit-il.

Une partie des revenus de Mido provenait auparavant du tourisme national. "Les Egyptiens ont peur, ils ont lu dans la presse qu’il y a des problèmes sur les autoroutes depuis la révolution, mais ce n’est pas vrai," assure-t-il.

Selon Mido, le gouvernement devrait faire des propositions pour le secteur du tourisme. Il n’est pas heureux de l’installation de Morsi comme Premier ministre.
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"Hosni Moubarak n’était pas un homme bon, mais au moins, il faisait en sorte que les gens étaient en sécurité. La police faisait son boulot, mais maintenant personne ne les respecte. La liberté est une bonne chose, mais trop de liberté peut nuire. Maintenant, je vois que des gens vendent de la drogue et même des armes."

Malgré ces crimes, Mido est certain que les touristes sont en sécurité en Egypte. Il ajoute : "Dis à tes amis que l’Egypte est un endroit sûr. Les médias racontent des mensonges. Dis-leur qu’ils ne devraient pas croire ce qui est écrit et fais revenir tes amis ici, s’il te plaît."

Un homme d’une quarantaine d’années entre dans la boutique. C’est l’oncle de Mido. Hier, un parent à eux s’est marié et ils me racontent que la fête était réussie. Mido ne pense pas encore à se marier. "Pas d’affaires, pas de mariage. Mais j’ai beaucoup de petites amies", dit-il en riant.

Je demande s’il veut que je partage ce blog avec lui sur Facebook. Il rit à nouveau. "Non, je n’aime pas Facebook, car c’est par là que tout est arrivé."