Vous êtes ici

L'Afrique en stop - 1er volet : Je suis chanceux

Neda Boin (22), Sierd van der Bij (23) et Christiaan Triebert (21) constituent l'heureux trio néerlandais qui a entamé le 1er octobre un voyage en autostop qui doit les conduire de Groningue, dans le nord des Pays-Bas, à la ville du Cap, en Afrique du Sud - un voyage censé durer trois mois. Ils font partie du projet Thumbs Up Africa, qui vise à sensibiliser les populations sur place à la durabilité. Sierd a lancé un blog hebdomadaire que les autostoppeurs tiendront pour Radio Nederland Wereldomroep.

Je vais en Afrique. Oui, je vais en Afrique. Je pars demain pour l’Afrique et j’emporte avec moi une série d’attentes. Hier, je montrais à mes amis sur Google Earth mes différentes destinations. Je vais voir le Nil, les sables du Soudan, la boue du nord du Kenya, la savane du Botswana et les plages de la Namibie. Je vais voir aussi le Zambezi aux chutes Victoria, rejoindre des gardes forestiers lors d’un safari en Zambie et sillonner la Tanzanie. En regardant toute la planète sur Google Earth, on a l’impression que l’Europe est toute petite, du moins c’est ce que mes amis et moi nous avons conclu. Mes amis n’ont jamais entendu parler de Dodoma, de Gaborone et de Swakopmund. Honnêtement, moi non plus avant d’être impliqué dans notre projet d’autostop.

L’Afrique n’avait jamais vraiment été l’une de mes priorités pour mes futurs voyages. Bien l’Afrique du Nord ; en combinaison avec le Moyen Orient. Je comptais faire l’Amérique du Sud, l’Asie centrale et peut-être même la Route 66 aux Etats-Unis. L’Afrique m’était uniquement venue à l’esprit quand j’avais 12 ans et que je faisais tous les matins 10 kilomètres en vélo pour aller à l’école. Je me disais qu’il était peut-être possible d’aller un jour en vélo de Rabat, au Maroc, au Cap, en Afrique du Sud… Aujourd'hui, je me sens chanceux, parce qu'après avoir fait pendant trois mois de l'autostop avec mes compagnons de voyage Neda and Christiaan, j'espère arriver dans la ville du Cap, dont j'ai toujours rêvé.
[related-articles]
Récemment, l’un de nos internautes de Radio Nederland nous a demandé s’il était possible d’aller aux Pays-Bas en autostop à partir de l’Afrique. J’ai répondu que la vérité est triste et que je peux uniquement me sentir privilégié d’avoir en poche un passeport néerlandais. Pour moi, il est relativement facile d’obtenir le visa nécessaire pour traverser le continent africain. L’inverse est bien plus difficile. Notre caméraman sud-africain par exemple n’a pas pu obtenir de visa pour la Serbie, donc nous serons obligés de contourner ce pays. C’est la triste vérité.

Je vais de nouveau ressentir ma chance aujourd’hui en entamant notre premier trajet de ce voyage extraordinaire. Je vais avoir l’occasion de voir la beauté de l’Afrique et de rencontrer des gens qui partagent peut-être mes rêves et mes attentes.

Je n’ai jamais été en Afrique et j’ai certains préjugés et certaines attentes. Mais heureusement aujourd’hui ils sont moins nombreux. Aujourd’hui, je suis plus ouvert et je crois uniquement ce que je vois.

J’ai commencé à croire uniquement ce que je vois en 2010, quand je me suis rendu au Moyen Orient. Avant mon départ, on m’avait dit que je rencontrerais un grand nombre de terroristes et que la religion serait omniprésente. J’éprouve de la tristesse pour ceux qui me disaient ces choses-là, parce que j’ai vu un grand nombre de gens très talentueux qui se vouaient à leur travail bien plus je n’aurais pu le faire. En fait, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de différence entre les habitants des quatre coins du monde.
C’est donc dans ce même état d’esprit que je m’achemine maintenant vers l’Afrique. Pour moi, c’est un continent riche, riche en culture et doté d’une forte volonté de changement, qu’a toujours enviée l’Europe selon moi.
Qu’est-ce que je peux faire là-bas ? Quels changements est-ce que je peux apporter ? Je n’ai aucune idée, mais ce que je sais c’est que je pourrai partager mes récits comme fait tout le monde sur cette planète. De cette façon, nous pourrions peut-être réduire ce monde en parlant de nos similarités et l’enrichir en appréciant simplement nos différences. Nous avons notre propre petite Utopie, n’est-ce pas ?