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Guerre du Kivu : UA, Kigali échappe à la condamnation

Les présidents congolais, Joseph Kabila, et rwandais, Paul Kagame, séjournent à Addis-Abeba, en leur qualité de participants au 19me Sommet de l’Union Africaine. Il est prévu, en marge de cette rencontre, que les chefs d’Etat et de gouvernement présents dans la capitale éthiopienne puissent se prononcer sur la mise en place immédiate d’une force internationale neutre appelée à éradiquer le M.23 ainsi que toutes les forces négatives dans la région des Grands Lacs.

Par notre top partenaire Le Phare

Plusieurs sources annonçaient, le week-end, un inévitable tête à tête entre le Chef de l’Etat congolais et son homologue rwandais. Les observateurs pensaient que la bataille diplomatique allait être rude entre Kinshasa et Kigali, à la tribune comme dans les coulisses de l’Union Africaine. Considérant sans doute les dégâts que le rapport des experts des Nations Unies continue de produire dans l’opinion tant africaine qu’internationale, Kigali a visiblement échappé à la condamnation. En effet, aucune résolution ou recommandation n’a été arrêtée dans ce sens.

Kagamé peinard
Ainsi, au cours d’une interview accordée à la BBC, le président rwandais a nié en bloc toutes les accusations portées contre son pays par les experts onusiens comme financier et pourvoyeur du M. 23 en troupes, armes et munitions. Il s’est défendu en recourant à la rhétorique habituelle selon laquelle la crise de l’Est serait congolo-congolaise, à la suite de la mauvaise gestion, par les autorités congolaises, des revendications de ce mouvement rebelle. « Nous ne soutenons pas le M23 et nous n’en avons pas l’intention, car nous ne savons pas ce qu’ils veulent. Ca n’aurait aucun sens d’être impliqué, car notre relation avec la RDC était très bonne. Avant que tout cela n’arrive, nous travaillions ensemble pour éliminer le problème qui existait entre les deux pays. Certaines personnes n’étaient pas contentes que nous travaillions avec les Congolais. Elles tentaient de manœuvrer contre cela… », a-t-il fait savoir.

Le président rwandais a déploré le manque de preuves au sujet de l’implication de certains de ses proches collaborateurs (ministre de la Défense James Kabarebe, chef d’état-major de Rwanda Defence Force Charles Kayonga, les généraux Jack Nziza, Emmanuel Ruvusha et Alexis Kagame) dans les activités du M.23. Il a été tranchant : « ce soi-disant rapport est une annexe attachée au rapport intérimaire par des soi-disant experts qui opèrent au Congo. Quand on regarde ce qu’il y a dans l’annexe, c’est révélateur : ces gens ne sont pas des experts… ».
Avec une telle ligne de défense, Kagame a planté le décor de la négation systématique de tout ce qui était de nature à faire passer son pays pour le principal perturbateur de la paix à l’Est de la RDC.

Kabila : l’heure de vérité

Qu’allait être l’attitude du président congolais face à un tel discours ? Logiquement, Joseph Kabila devrait dire les choses telles qu’elles se passent sur le terrain. Les résultats du rapport des experts de l’ONU, heureusement déjà accrédités au sein de la communauté internationale, les difficultés du Rwanda à couvrir, par le génocide de 1994, ses velléités belliqueuses sur son voisin, les conclusions de la propre enquête du gouvernement congolais sur la situation sécuritaire du Nord-Kivu étaient autant d’éléments à capitaliser au maximum.

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