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Deux journalistes de RNW attaqués au Sri Lanka

Deux journalistes de Radio Nederland Wereldomroep qui s’étaient rendus au Sri Lanka ont été attaqués et contraints de quitter le pays. Ils voulaient voir de leurs propres yeux la situation précaire dans le nord et l’est du pays, après la défaite sanglante des Tigres tamouls.

"Le président Rajapaksa et ses frères, également au pouvoir, continuent de poursuivre les médias et leurs adversaires politiques", selon le dernier rapport du International Crisis Group. D’autres groupes de droits de l’homme font état des exécutions et des disparitions de journalistes, ainsi que l’impunité dont jouit la police. Les journalistes de Radio Nederland Wereldomroep (RNW) en ont fait l’expérience lors d’une attaque armée sur leur route.

De plus en plus militarisé
Peu de journalistes ont visité le nord et l’est du Sri Lanka, régions auparavant sous contrôle des Tigres tamouls. Les visas de journalistes ne sont délivrés qu’après des mois d’attente. En voyageant depuis la capitale Colombo, l’équipe de RNW a pu observer que le pays devient de plus en plus pauvre et militarisé au fur et à mesure de leur périple vers l’est du pays. Les journalistes sont entrés dans l’ancien bastion des Tigres tamouls avec un visa touriste. Ils y ont rencontré la population locale et discuté de la situation, des affaires économiques et du rôle de développement des Nations unies.

Au cours d’une conversation dans un restaurant, ils se sont rendu compte qu’ils étaient espionnés et qu’ils avaient été signalés à la police. Dix policiers, dont le chef de la police, sont venus à l’hôtel où séjournaient les journalistes pour les interroger et les contraindre de quitter la région. Le lendemain matin, sur leur voyage de retour, ils sont attaqués et dépouillés par une bande armée surgissant d’une camionnette blanche.

Crimes de guerre 
Cette intimidation de la "camionnette blanche" n’est pas chose nouvelle pour les journalistes du Sri Lanka. "La réaction de la police est absurde, mais elle montre qu’ils ont peur de tout ce qu’ils soupçonnent être une investigation sur les crimes de guerre", dit Sanjana Hattotuwa, de l’organisme de surveillance des médias Groundviews, basé à Colombo. "Le gouvernement continue de nier avoir été impliqué dans des crimes de guerre, donc il s’en prend à tous ceux qui veulent affirmer le contraire", ajoute-t-il.

Raisa Wickrematunge, du Sunday Leader, le quotidien le plus controversé du Sri Lanka, pense que l’attaque des journalistes occidentaux marque un nouveau point bas : "Des disparations et des attaques se produisent malheureusement, mais il est choquant qu’ils s’en soient pris à des journalistes occidentaux". Un diplomate européen travaillant à Colombo, qui souhaite rester anonyme, confirme les craintes du gouvernement : "Vous pouvez être sûrs que les autorités ont voulu lancer un message de dissuasion".