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Burundi : les convocations de journalistes se multiplient

Quatre journalistes dont les rédacteurs en chef des deux principales radios privées ont été convoqués vendredi par la justice au Burundi, a annoncé le directeur d'une des stations, dénonçant "un harcèlement" des médias.

"Ce matin, le substitut du procureur de Bujumbura a convoqué le rédacteur en chef de notre station, la RPA, Bob Rugurika, pour ''raisons d'enquête'' alors que deux autres journalistes étaient convoqués dans les mêmes conditions à Ngozi (nord)," a annoncé Eric Manirakiza, directeur de la Radio publique africaine RPA (privée). "Le rédacteur en chef de la RPA était convoqué pour la 3e fois en deux semaines, quatre journalistes sont en train d'être jugés pour diffamation parce qu'ils ont révélé un scandale qui implique le maire de Bujumbura, Evrard Giswaswa, et un autre de nos journalistes est poursuivi par le procureur de Bubanza (nord-ouest)", a-t-il ajouté.

"Tout ceci relève du harcèlement", a-t-il jugé. Selon lui, le pouvoir cherche à "intimider, faire taire les médias privés", notamment la RPA qui traite "de dossiers délicats de corruption, d'assassinats extrajudiciaires". Ces convocations interviennent alors qu'un bras-de-fer est engagé entre l'ordre des avocats du Burundi et le pouvoir, suite à l'emprisonnement de trois avocats depuis mi-juillet. "Le pouvoir burundais est sur les nerfs car il traverse une passe très difficile", explique un diplomate sous couvert d'anonymat. Selon lui, la "corruption et les violations des droits de l'Homme" rendent les pays donateurs de plus en plus réticents à aider le Burundi. En outre, le pouvoir "ne parvient pas à réduire les groupes armés naissants et il est confronté à des dissensions internes", poursuit-il.

La multiplication d'attaques meurtrières attribuées à une nouvelle rébellion, suivies d'arrestations massives et autres exécutions sommaires fait craindre à de nombreux observateurs une reprise des hostilités à plus grande échelle dans ce pays marqué par une longue guerre civile qui a fait près de 300.000 morts entre 1993 et 2006.

Source : AFP