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Beaucoup de dossiers à la CPI, mais où sont les actions concrètes ?  
Beaucoup de dossiers à la CPI, mais où sont les actions concrètes ?

Allô CPI ? Ici on se prépare à voter et on a besoin de toi…

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Il est prévu une alternance démocratique au sommet de l’État en 2016 en RD Congo, selon la constitution en vigueur. Après l’étape de 2006, de 2011, voici 2016. Les Congolais majeurs sont appelés à élire un nouveau président de la République pour un nouveau mandat de 5 ans. Une année mémorable.

Un geste citoyen majeur et de taille qui marquera à jamais l’histoire. Mais le début de l’année 2015 a auguré d’une situation fragile pour le processus électoral. Les 19, 20 et 21 janvier, alors que le parlement initiait une série de modifications de certaines dispositions des règles électorales, un soulèvement populaire a eu lieu en guise de protestation dudit processus considéré inopportun par le peuple. Ce qu’on a nommé les « Trois Glorieuses » consistait à déconnecter le recensement général de la population du processus électoral de 2015-2016 selon les dispositions de l’article 8 de la Loi électorale non sans incident. Chose demandée, chose faite.

Nombre d’observateurs, moi y compris, sont unanimes que l’organisation des élections dans un pays dit démocratique comme la RD Congo ne doit pas faire le lit des violences et autres conflits sanglants. Tout ce qui doit couler : c’est l’encre sur le doigt du citoyen votant. Le pouvoir par l’encre et plus jamais par le sang. C’est ma conviction.

La justice internationale a son rôle de prévention à jouer
Je voudrais ici rappeler que la justice internationale est priée de se joindre dans cette logique de préservation et de promotion des solutions politiques. Ainsi, elle n’aura pas à poursuivre d’éventuels auteurs de crimes contre l’humanité. Il est temps de sauver les meubles et éviter un recul démocratique. L’histoire de la RDC renseigne que la majorité de mouvements armés sont nés, ont vécu et persistent dans certains coins du pays pour exiger la légitimité des autorités en place, avec le lot de malheur qui va avec.

À ce jour, étant donné un retard enregistré dans la convocation de l’électorat par la CENI, une initiative ingénieuse est en cours : le dialogue national politique inclusif. Convoqué par le régime en place, il vise à trouver un consensus national autour de l’organisation d’élection crédible, apaisée et transparente dans les meilleurs délais. Les élections sont une lampe pour la démocratie qui s’installe posément en RD Congo.  

Si une certaine élite congolaise s’est prononcée favorable en faveur de la tenue de ce dialogue, d’autres acteurs politiques congolais s’abstiennent pour de raisons qu’eux-mêmes savent.

Demande de dialogue
La communauté internationale s’est déjà exprimée quant à cette question. Dans un communiqué conjoint, l’Union africaine (UA), les Nations unies (NU), l’Union européenne (UE) et l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) ont recommandé à la classe politique congolaise de dialoguer pour déboucher sur une issue heureuse du processus électoral en vue de préserver la paix et d’approfondir la démocratie, valeurs chères à la RD Congo. Et trop longtemps meurtrie par des conflits violents et infâmes.

La Cour Pénale Internationale, pour ne pas la citer, en plus de l’interpellation, du jugement et de la condamnation des auteurs graves des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité  ferait œuvre utile en s’attaquant à l’origine des causes de ces déchirements. Mais la bonne réparation d’un dommage : c’est la prévention de ce dernier. Les victimes potentielles seront épargnées de longs supplices inhumains et dégradants. CPI donc, implique-toi et engage-toi pour une solution politique en faveur du respect de la constitution en RDC.

La RD Congo étant signataire du statut de Rome a, de droit et de fait, droit à une assistance judiciaire antérieure et postérieure de la CPI.

Je m’inscris en faux avec ceux qui pensent que le tribunal de Dieu est le meilleur. D’autant plus que nous sommes encore sur terre, allons vers un tribunal des hommes que l’on voit, touche et qui interroge pour faire régner les Droits de l’Homme, l’assurance du bien-être pour tous.

Survivante aux multiples conflits armés, Chantal FAIDA

L'auteure de cet article a écrit ce plaidoyer pour nos collègues d'International Justice